Boffa/ Kolia : à la rencontre d’une paysanne qui vit essentiellement du fruit de la terre…

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Makalé Camara, paysanne à Kolia, Boffa.

Selon le ministère en charge des investissements publics et privés, « la Guinée possède 6,2 millions d’hectares de terre arable ». Mais le pays cherche toujours son autosuffisance alimentaire. Au-delà des campagnes agricoles de tous les ans, milliers sont des paysans guinéens qui cultivent sans accompagnement de l’État, afin de nourrir leurs familles. Retour à Kolia, (dans Boffa), Dian Bah fait parler Dame Makalé Camara.

Madame Makalé Camara, âgée de 65 ans, mère de 6 enfants, pratique le jardinage depuis des années dans la sous-préfecture de Kolia, située à 28 km de Boffa.

Dans le jardin de cette femme, c’est la période de la récolte des aubergines (le piment, la tomate, le manioc, la patate et les feuilles). Madame Makalé Camara, raconte son expérience et les avantages du jardinage.

« J’ai commencé à faire la culture jardinière depuis que je n’ai pas eu mon premier enfant. Aujourd’hui, mon 1er enfant à 40 ans. C’est ce que je fais pour me nourrir, nourrir ma famille, mes parents, aussi prendre en charge les enfants et régler mes problèmes sociaux.

Je fais le jardinage pendant toute la saison sèche, après je remonte pour les travaux champêtres en hivernage. Je ne connais que le travail de la terre et c’est dans cette activité que j’ai financé les études de mon enfant qui est aujourd’hui docteur Amadou Camara ; grâce au travail de la terre, je l’ai soutenu pendant toute sa formation scolaire jusqu’à sa sortie. Je suis fière de lui parce qu’il me vient au secours de nos jours pour qu’aussi je puisse avancer ».

Poursuivant, Makalé Camara expose aussi les difficultés auxquelles elle est confrontée pour le développement de ses activités : « Nous avons d’énormes difficultés dans ce travail du jardinage, comme le manque d’arrosoirs, des produits contre les insectes, un manque total d’engrais, et surtout le problème d’eau en saison sèche, les puits d’eaux tarissent. Nous sommes obligés nous les femmes de creuser les puits d’eaux à une longue profondeur. Alors c’est comme ça nous souffrons jusqu’à la fin de la saison », a affirmé Makalé Camara, qui vit essentiellement du fruit de son jardin.

La paysanne invite les femmes à travailler la terre, d’investir dans le jardinage, selon elle, cela peut apporter beaucoup d’argent pour être indépendante. Elle poursuit en disant qu’une femme qui ne travaille pas, ne représente rien au sein de la société.

 

Mamadou Dian Bah, depuis Kolia