Reprise du vote à Matoto : « c’est un mépris à l’égard de la souveraineté des conseillers qui ont investi leur maire … », estime Mohamed Lamine Kaba

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Ce qui s’est passé à Matoto le 15 décembre dernier, ressemblerait en quelque sorte au scénario ivoirien en 2010, qui en pleine séance de résultats, les annonces ont été interrompues. Mais le cas guinéen n’est pas plus anodin que celui de la Cote d’Ivoire, au contraire, c’est trivial. Interrogé par notre rédaction ce mardi, 18 décembre 2018, le président du parti, la Force des Intègres pour la Démocratie et la Liberté (FIDEL), Mohamed Lamine Kaba, par ailleurs vice maire de la commune urbaine de Faranah, estime que l’élection de Kalémoudou Yansané de l’UFDG ne souffre d’aucun doute.

 « Il faut reconnaître que l’élection qui a eu lieu à cette date (15 décembre 2018, Ndlr), franchement, l’élection de monsieur Kalémoudou Yansané de l’UFDG ne souffre d’aucun doute », lance Mohamed Lamine Kaba, qui pense que le candidat de l’UFDG a été élu devant tout le monde.

 Malgré les déclarations du camp présidentiel, annonçant pour sa part, avoir « gagné » aussi le poste du premier maire dans la commune de Matoto. Mais en dépit de ces déclarations contradictoires des deux camps, l’UFDG et RPG-arc-en-ciel, Mohamed Lamine Kaba, quant à lui, reste droit dans ses bottes.

« Très clairement, nous avons des images qui sont plus limpides. Et comme on le dit plus souvent, les images sont plus que mille mots. Alors ceci dit, je pense que s’il faut continuer à élire les autres vices maires, je crois que cela est normal. Parce que ça été interrompu par des quidams, qui sont venus perturber cette élection, juste pour ne pas reconnaître leur faiblesse, c’est le cas du RPG naturellement. Je crois que ça doit être une continuation de l’installation de l’élection des vices maires. Mais le maire étant déjà élu, on ne doit plus revenir sur ça », poursuit le président du parti Fidel.

 Et de justifier : « Parce que, c’est un cafouillage, c’est une honte. Vraiment, ce qui s’est passé est aberrant. Contraire au bon sens, c’est un empêchement de la démocratie mais aussi une arrogance publique qui a été adressée. Mais il faut le reconnaître que c’est un mépris à l’égard de la souveraineté des conseillers qui ont investi leur maire. Je crois que ce n’est pas normal s’ils invalident cette élection. C’est très grave pour la démocratie de notre pays et franchement, c’est un empêchement de toutes les valeurs républicaines que nous avons en partage telles que les élections. Je pense, il faut continuer à installer les vices maires, le maire étant élu, on ne doit plus revenir sur ça. Et si ça se fait, c’est aberrant », estime l’ancien adepte du parti au pouvoir, Kaba Fidel, mais aujourd’hui opposant farouche à Alpha Condé.

 Et de s’adresser à l’UFDG, « Je pense que l’UFDG doit tenir le cap là-bas, de rester ferme dans leurs bottes, de ne pas accepter de participer à une nouvelle élection, qui mettrait le maire de cette commune qui est déjà installé. Et le ministre de l’administration du territoire n’a pas la vocation, n’a pas le pouvoir d’annuler une élection. Le code électoral dit qu’en cas du contentieux électoral, il y a un tribunal qui doit s’en occuper. C’est le tribunal qui devrait le faire », tranche le désormais vice maire de Faranah.

 Et de rappeler personnellement le président Alpha Condé, Mohamed Lamine kaba conseille, « le président de la République, pour qui personnellement je me suis battu bec et ongles pour qu’il soit élu en 2010. Je pense, nous l’avions élu pour promouvoir les valeurs républicaines, que sont la démocratie, la justice et Etat de droit. Mais ce qui est contraire au bon sens, c’est que nous avons observé le contraire de tout ça. Et je pense, ce qu’il devrait faire, c’est de se battre de les rehausser.Parce que c’est ce qui serait mieux à la démocratie de ce pays, et même à l’histoire. D’avoir grandement eu une pensée de rentrer dans l’histoire. Cela ne peut se faire, c’est en respectant non seulement la constitution et toutes les lois que nous avons en partage, mais aussi la souveraineté populaire, qui est l’élection. Donc vouloir fouler au sol ce qui a été fait, cela nuirait non seulement l’image du pays mais aussi à la réputation du président Alpha Condé, qui cherche absolument comme tout homme d’Etat à rentrer grandement dans l’histoire », conseille Mohamed Lamine Kaba

Propos recueillis par Morikendeen