Tierno Monénembo à Alpha Condé: « la Constitution n’est pas une chemise que l’on jette quand on veut… »

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Tierno Monénembo est un écrivain guinéen francophone, lauréat du prix Renaudot en 2008. Crédit photo (dans Le Point)

A beau dire qu’il n’appartient à aucune formation politique, étrangement il laisse le flou par rapport à sa position d’attaque actuelle contre le régime d’Alpha Condé, dont il n’a sans cesse fréquemment interrompu d’accabler ce dernier à travers ses chroniques dans les médias de renom international. Contre toute attente, l’auteur du Grand prix littéraire Renaudot en 2008 ne serait pas un « politicien ordinaire ». Dans tous les cas, c’est ce que Monénembo a fait entendre tacitement devant une ruée de journalistes mardi 25 juin 2019, à la maison de la presse de Kipé (Conakry). Lisez in extenso l’extrait de ses dires aux côtés de quelques membres du FNDC !

« Je considère que manipuler la Constitution, c’est exposer la Guinée à des multiples dangers. Il faut respecter la loi en Guinée, et les premiers qui doivent la respecter, ce sont ceux qui gouvernent, et si les gouvernants eux-mêmes violent la loi. La constitution est sacrée. On ne  modifie pas une constitution au profit de ses intérêts personnels, la constitution n’est pas une chemise que l’on jette quand on veut. C’est un texte sacré qui régit l’organisation des lois de ce pays.

Notre constitution est menacée, nous devons la défendre. Si jamais cette constitution mérite d’être reformée, elle doit se faire en dehors de toute passion électorale. Le peuple de Guinée doit dans son ensemble se lever pour défendre cette constitution, défendre le droit d’assurer l’alternance ; sans alternance, il n’y a pas de démocratie, le principe même de la démocratie est l’alternance (…)

Si l’homme qui vient au pouvoir reste pendant (10, 15,20, 40) ans, autant que ces gens, leur argument, c’est de dire laissez-lui terminer ce qu’il a commencé…

Franchement, qu’est-ce qu’il a commencé comme travail ?, ou sont nos écoles, les hôpitaux, l’énergie, nos routes, ou est la fraternité nationale, la solidarité,  où est la justice. Où est la vertu collective, alors il faut dire à Alpha Condé, que c’est à l’âge de 85 ans qu’on commence la carrière de dictateur… », se pose la question, Tierno Monénembo.

Dian Bah pour www.alerteur.com
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