mar. Oct 22nd, 2019

« Une certaine idée de la Guinée » par Alpha Condé : voici ce qu’en pense l’écrivain Souleymane Koïta

Souleymane Koïta est un écrivain, auteur du Livre '' La pitié dans le mortier''.

UNE CERTAINE IDEE DE LA GUINEE, Entretiens avec François Soudan, est le titre du livre de Alpha Condé publié chez les éditions FAVRE, composé de 127 pages, dont une préface de Albert Bourgi.

Dans la ligne de sa lecture, je le subdivise en quatre(4) articulations :

1-DE LA PRÉFACE :

La toute première marque de frappe est la définition de cette relation presque familiale entre Albert Bourgi, le préfacier et l’auteur Alpha Condé, cette lutte d’ensemble pour l’instauration de la démocratie en Afrique subsaharienne.

Sont pointées du doigt, les réformes structurelles engagées par l’auteur Président pour faire de la Guinée, un éclat de soleil à la facette internationale. Il en témoigne qu’Alpha Condé témoigne de son enfance, de sa jeunesse, de sa famille et de son engagement politique qui lui donne, la destinée de son pays.

Albert Bourgi connaissant l’auteur, témoigne en ces termes : L’homme qui dirige la Guinée n’est pas un homme d’argent.

¨ La Guinée, un aigle enchaîné qui a déjà pris son envol sous Alpha Condé¨.

2-DE, LES ANNEES ARDENTES :

L’auteur dans ses réponses aux questions du journaliste François Soudan nous parle de son père, de sa maman et de toute la famille en abordant les valeurs socio-éducatives.

Alpha Conde est un produit de ce mélange culturel Malinké-Soussou.

Il retrace le caractère injuste de la colonisation en ces termes : les colonisateurs avaient la volonté de nous montrer que les expatriés et nous étions totalement différents.

Il est fort étonnant d’apprendre que Alpha Conde étant jeune avait sympathisé avec Sékou Toure qui, par le PDG/RDA faisait face au BAG de Barry Diawadou .

L’éducation à l’Africaine appartenait à tous même hors du continent, la pression exercée par Kader Fall sur lui en fait foi.

Les divergences idéologiques dans la FEANF, un syndicalisme étudiant, mettaient à côté, la cause essentielle de la lutte qui n’était que la libération de l’Afrique.

Les relations entre l’auteur et le président Sékou Toure étaient d’ordre particulier à tel point qu’ils se rencontraient fréquemment.

Président de la FEANF en décembre 1965, Alpha Condé renoue de fructueuses relations à l’international surtout face une lutte en faveur de l’instauration de la démocratie en Afrique.

Diantre, contre les envahisseurs de 1970, Alpha Condé était prêt à se battre auprès du peuple de Guinée si Sékou Toure acceptait d’armer le peuple.

L’auteur signale que Sékou Toure était un progressiste qui méritait d’être soutenu nonobstant les défauts.

Ses parents décédèrent à un moment où il était condamné par contumace n’ayant plus accès même à sa sœur qui était revenue de la France travaillant au compte du CHU DONKA.

3-DE, LES ANNÉES DE BRAISE :

C’est la période de la patate chaude où l’auteur publie en 1972, ¨Guinée, Albanie de l’Afrique ou néo-colonie Américaine¨. Dans ce sillage, Framoi Berete et Barry Diawadou sont dessinés comme des représentants de la féodalité Malinke et peul (grande figure de la lutte de l’indépendance). Après que la FEANF ait été déclarée illégale, on exigea de Alpha Conde de ne plus venir, enseigner à l’université, ce qui lui oriente à travailler dans une société de négoce de café. Des personnes comme Karifa Sako et Souré Mara à Kissidougou, Elhadj Djelimandian et Kaba Amiata Mady à Kankan, Bandjou dit Fidel à Faranah et Naroumba Conde à Siguiri sont contactés dans la clandestinité au compte du premier parti MND. L’auteur reconnaît en Sékou Toure, un rôle positif dans la lutte de l’indépendance et du syndicalisme.

Pour son retour, le 17 mai 1991, il nous parle des mots motivateurs de son ami Kandia Barry de Mamou.

Du PTG au MND, le RPG est créé en 1992. Gérard de Coursières, un proche du président Lansana Conte qui se faisait, appeler, voyant, réapparait dans le film. De la gouvernance de Lansana Conte, Alpha Conde tient pour responsables, les cadres guinéens, car le président militaire demandait de faire ce qui est bien pour le pays. Le transfert du pouvoir militaire de 2008 à un à pouvoir légitime est teinté d’acrobaties.

4-DE, LES ANNES D’ESPOIR :

Les souhaits de l’opposant se réalisent et face aux énormes défis, le candidat élu n’a pas manifesté sa joie. Face au pouvoir, il reste imperturbable nonobstant les coups de fil de félicitations des chefs d’Etats .L’auteur président définit un pays qu’il a hérité par rapport à un État. Les réformes sectorielles notamment dans les mines, l’agriculture, la défense, la sécurité, l’électricité, l’économie, l’administration, la santé, les infrastructures…sont engagées.

L’épidémie EBOLA se présente et ralentit les réformes qui continueront de manière courageuse. Il signale dans les parages que l’ethnicisme est une maladie infantile de la démocratie.

Pour son bilan à la tête de l’union Africaine, Alpha Conde affirme que c’est aux Africains de le dire. A la question relative à la limitation des mandats présidentiels, il répond sans ambages : je n’ai pas d’idées arrêtées à ce sujet. Pour que l’Afrique puisse avancer, il faut investir dans sa jeunesse.

DE CE LIVRE, NOUS POUVONS RETENIR :

  • Sa haute probité morale : Dans une société de négoce, il refusa toute compromission pouvant lui gêner dans sa vie politique de demain. À la mort de la maman du feu Lansana Conte, Alpha est premier à se rendre en famille et est premier à présenter ses condoléances. Il déteste l’épreuve de force et accepte en 1993, les résultats d’une élection truquée. Le pouvoir n’est pas une jouissance, mais les obligations selon Alpha Condé. Son principal défaut est la franchise. Son pardon en faveur du procureur et du juge après son procès de 2000.
  • Son honnêteté: Il postule qu’il faut respecter l’histoire même quand on est opposé et dire le positif de l’autre. Le défaut qu’il n’accepte pas est le mensonge et n’oublie pas à la trahison.
  • Particularité de son opposition : Ses critiques dans l’opposition étaient toujours assorties de propositions à travers les journaux et brochures.
  • Son panafricanisme : opposant en 1991, il choisira l’ambassade du Sénégal de Abdou Diouf contre celle de la France pour se réfugier.
  • Sa foi religieuse :Une légende disait que le président Lansana Conté perdrait le pouvoir le jour où ses yeux croiseront avec ceux de Alpha Condé selon qui, cela relève du mysticisme et qu’il croit en Dieu et aux bonnes actions en faveur des autres.
  • Sa stratégie de lutte: Face à certaines situations, l’homme politique reculait pour mieux sauter. Son courage, sa patience, sa vision et son engagement patriotique se passent de tous les commentaires.

L’homme politique aimerait que l’histoire lui retienne avoir sorti le peuple de Guinée de la pauvreté et de l’obscurité.

 

Souleymane Koïta

Le partage c'est la vie !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Please wait...

Recevez gratuitement les informations

Voulez-vous être averti lorsqu'un article est publié sur Alerteur? Alors Entrez votre adresse e-mail et votre nom ci-dessous pour être le premier à être Informé de l'actualités Guinéenne, Africaine, et Mondiale